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Relocalisation des demandeurs d'asile : Varsovie, Budapest et Prague sur le banc des accusés

La Commission européenne a lancé, hier, une procédure d’infraction à l’encontre de la Hongrie, la Pologne et la République tchèque qui refusent toujours d’appliquer le plan de répartition de 160 000 réfugiés depuis la Grèce et l’Italie.

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La Hongrie, la Pologne et la République tchèque sont, depuis mardi sous le coup d’une procédure d’infraction lancée par la Commission européenne. Bruxelles veut les contraindre à mettre en place le plan de relocalisation des réfugiés adopté le 22 septembre 2015 pour faire œuvre de solidarité avec la Grèce et l’Italie.

Cette démarche pourrait mener Varsovie, Budapest et Prague devant la Cour de justice de l'Union-Européenne (CJUE) et, en dernier ressort, pourrait les exposer à de lourdes sanctions. Mais les trois mauvaises élèves ne semblent pas véritablement craindre ce scénario. « Les quotas ne fonctionnent pas, ils encouragent l'immigration illégale », tweete le premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, en guise de réponse. Le ministre des Affaires étrangères polonais, Witold Waszczykowski, juge, pour sa part, la procédure de la commission tout bonnement « illégale ». Tandis que la Hongrie fait savoir que son  « gouvernement considère qu'il s'agit de chantage ». Cette dernière avait d’ailleurs, avec la Slovaquie, attenté une action devant la CJUE pour dénoncer le système de répartition des réfugiés par quotas, que le premier ministre slovaque qualifiait de « diktat ».

90% des 65 millions de personnes déplacées de force se trouvent dans des pays pauvres

En réalité, le plan de l’Union européenne visant à répartir, avant septembre 2017, 160 000 exilés bloqués en Grèce et en Italie sert surtout de cache-sexe aux politiques inhospitalières des pays membres de l’UE, responsables des drames humanitaires à répétition qui se jouent à ses frontières. De plus, ce plan n’a pas attendu que la Hongrie, comme la Pologne, se dotent d’arsenaux législatifs xénophobes et rétrogrades pour dysfonctionner. À la mi-mai, seulement 5.711 demandeurs d'asile avaient été répartis depuis l'Italie et 12.707 depuis la Grèce. À titre d’exemple, en 18 mois, la France n’a finalement accueilli que 16 % des personnes qu’elles s’étaient engagée à prendre en charge et l’Allemagne seulement 13 %.

Le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, s'est, quant à lui, dit déçu par les dirigeants européens dans leur ensemble. « Si l'Europe, une union de pays riches, n'est pas capables de partager cette responsabilité, comment pouvons-nous dire au reste du monde qu'il doit accueillir des réfugiés ? », a-t-il lancé, mardi, rappelant que, dans le monde, 90% des 65 millions de personnes déplacées de force se trouvent dans des pays pauvres.

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Tag(s) : #Exilés, #Immigration, #Europe forteresse, #Décryptages

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