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Dans l’Hérault, les gauches unies ont milité tous azimuts pour battre le FN

L’accord conclu entre les listes de Carole Delga (PS) et Gérard Onesta (EELV-FDG) donne du souffle à la gauche. Distributions de tracts, porte- à-porte, appel citoyen… Toute la semaine, les militants progressistes de l’Hérault se sont mobilisés pour mener une campagne de proximité.

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Hérault, envoyé spécial.

« Alors que nous pouvions nous maintenir au second tour, il a suffi d’une fraction de seconde, dimanche dernier, pour que les candidats de “Nouveau monde en commun” fassent le choix du rassemblement avec ceux de la liste de Carole Delga », lance, jeudi à Montpellier, Gérard Onesta, le chef de file de la liste Europe Écologie-les Verts-Front de gauche dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Ici, la campagne de l’entre-deux-tours est placée sous les auspices de l’union et de l’action militante tous azimuts. « On aurait pu prévoir un grand meeting, explique Hussein Bourgi, secrétaire fédéral du Parti socialiste dans l’Hérault. Mais on n’a pas besoin de se mettre en scène dans une grand-messe. Il y a urgence à aller au plus près des gens, à faire bouger les abstentionnistes. »

Mardi et mercredi, les militants investissent le terrain

Les professions de foi de la liste d’union des gauches, « Notre sud en commun », sortent de chez l’imprimeur mardi en fin d’après-midi. Dans les heures qui suivent, une première conférence de presse est organisée dans l’est du département, à Lunel. « Les gens étaient soulagés de nous voir réunis », raconte un militant communiste, le lendemain, lors d’une distribution de tracts sur la place de la Comédie à Montpellier. Ils sont une dizaine, toutes formations confondues, mercredi, à la nuit tombée, devant l’arche lumineuse et blanche qui éclaire l’entrée du marché de noël de la capitale héraultaise. « Il fallait, malgré nos divergences, que la gauche soit unie au deuxième tour, insiste Christian Dupraz, candidat EELV, un paquet de tracts à la main. Certains de nos militants font la moue. Mais nous avons passé un accord qui nous permettra d’avoir un groupe indépendant de la majorité socialiste. » Pendant deux heures, ils occupent la place, pointant le danger que représente le Front national. Dans le même temps, d’autres de leurs camarades ont investi le quartier populaire de la Mosson pour y faire du porte-à-porte durant toute la soirée. La mobilisation dépasse le cadre unique des organisations politiques. Dans la journée, un appel citoyen, à l’initiative d’universitaires, de chefs d’entreprise et de responsables associatifs, est lancé. « Dimanche prochain, certaines de nos régions pourraient être dirigées par le Front national. Ce danger menace également la nôtre. Cette perspective est insupportable ! » dit le texte relayé de toutes parts.

Jeudi, dans Béziers, le laboratoire de l’extrême droite

Jeudi, à Béziers, la ville tenue par le sinistre Robert Ménard, le candidat communiste Nicolas Cossange et sa colistière socialiste Dolores Roqué arpentent les allées du marché matinal du quartier populaire de la Devèze. Tous deux habitent et travaillent ici. Ils évoquent les aspects concrets de la gestion régionale en insistant notamment sur les moyens donnés aux collégiens, lycéens et apprentis.Un peu plus tard, à midi, les candidats, rejoints par des élus et militants, se retrouvent dans un hôtel du centre-ville, pour une nouvelle conférence de presse. Avant de commencer, on fait le point, en coulisse, sur le déroulement de la campagne dans tout le département. Ceux de Sète et de Lunel insistent sur l’accueil chaleureux qu’ils reçoivent sur les lieux de distribution de tracts. Des militants, au sein du CHU de Montpellier, informent, pour leur part, qu’ils se mobiliseront vendredi à partir de 5 heures du matin, devant l’hôpital… Hussein Bourgi regarde son téléphone. « On en est à 120 soutiens de maires dans tout l’Hérault ! » se réjouit le responsable PS.

En milieu d’après-midi, tout le monde se retrouve à nouveau à Montpellier. Carole Delga et Gérard Onesta sont assis sur la scène d’un bar branché de la ville. Ils sont entourés de représentants du monde de la culture, de l’entreprise ou du milieu associatif. Chacun évoque la peste brune qui menace et le nécessaire sursaut du « Midi rouge ». « Nous avons bâti une union de la gauche respectueuse des différences et qui doit renouveler nos pratiques politiques, lance la candidate à la tête de la région. L’intelligence est collective ! » Et Gérard Onesta d’ajouter : « Faire barrage à l’extrême droite ne suffit pas. L’eau monte, il faut en irriguer toute la région, pour que, dans six ans, cette question ne se pose plus. »

Vendredi, une campagne menée sans relâche jusqu’à la dernière minute

Les candidats et militants de cette nouvelle union des gauches ont continué à investir leurs territoires jusqu’à vendredi soir. Le matin, les deux têtes de liste rendaient visite au Planning familial de Montpellier. Partout, comme à Ganges, dans le nord du département, on investissait les marchés pour être au plus près des populations. Nicolas Cossange, pour sa part, continuait d’arpenter les rues de sa ville pour convaincre de nouveaux abstentionnistes de se mobiliser ce dimanche et pour élargir le rassemblement. « Certains responsables de l’UDI ne le disent pas publiquement mais font savoir qu’ils soutiennent la liste “Notre sud en commun” sourit le jeune candidat communiste. À Béziers, c’est un véritable désaveu pour la droite et l’extrême droite. »

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Tag(s) : #Elections, #Extrême droite, #Reportage
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