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Réfugiés, la solidarité en phase de « résistance active »

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté hier à Paris pour soutenir ceux qui fuient guerres et pauvreté. Les associations dénoncent le double langage du gouvernement sur les réfugiés.

Emmenées par les tambours battants des collectifs de réfugiés et de sans-papiers, hier à Paris, plusieurs milliers de personnes ont remonté le boulevard Beaumarchais, entre Bastille et ­Nation, pour exprimer leur solidarité avec les réfugiés. « Frontex assassin – Hollande complice », s’appliquent à inscrire sur leur pancarte un groupe de cinq lycéens peu avant le démarrage de la manifestation. « La Méditerranée est devenue un véritable cimetière, commente Nathan, l’un de ces jeunes. Les larmes de crocodile versées par nos gouvernants et les bombardements en Syrie ne régleront rien. »

La foule est bigarrée et rassemble les militants de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives. Anissa agite le drapeau jaune du DAL (Droit au logement). Pour elle, les récents efforts du gouvernement pour mettre en place de nouvelles places d’hébergement d’urgence destinées à l’accueil de quelques milliers de réfugiés syriens sont la preuve qu’avec un peu de volonté politique, on peut trouver des solutions pour toutes les personnes mal-logées. « Aucune distinction n’est supportable entre ceux qui souffrent ici et les réfugiés, qu’ils soient politiques ou économiques », ajoute-t-elle.

Pour Louisa, militante communiste venue des Hauts-de-Seine, la lutte ne fait pas que commencer. « Je suis arrivée d’Algérie en 2005, raconte-t-elle. J’ai été régularisée par le travail, en 2013, après trois années de combat. Aujourd’hui, c’est la même bataille qui continue. » Éric ­Coquerel, tête de liste départementale du Front de gauche à Paris pour les prochaines élections régionales, fait aussi partie du cortège. Pour le responsable du PG, « il faut maintenant que le mouvement dépasse la solidarité et dénonce les causes géopolitiques, militaires et économiques qui obligent autant de personnes à quitter leur pays ».

À la frontière franco-italienne, à Paris, à Calais, le mouvement de solidarité avec ceux qui fuient les guerres et la pauvreté ne cesse de s’intensifier. Le rassemblement parisien s’est tenu à l’issue d’une semaine marquée par de nombreuses déclarations dénonçant le double langage du gouvernement. La Cimade, d’abord, a tiré la sonnette d’alarme sur la politique de « triage » mise en place par plusieurs préfectures, sous l’impulsion du ministère de l’Intérieur, à l’égard de certaines nationalités de réfugiés, ainsi que sur l’intensification des mesures de rétention et d’éloignement. L’ONU et Human Rights Watch ont elles aussi fait part de leurs inquiétudes quant à la reprise des expulsions vers le Soudan. Vendredi, Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France, indiquait que son association avait décidé de « rompre tout dialogue avec le gouvernement », « révoltée par (son) inertie malsaine et par l’incapacité de son ministre de ­l’Intérieur à apporter enfin des réponses adaptées à l’ampleur de la catastrophe humaine à Calais ». Un discours inhabituel pour ce mouvement, qui proclame « entrer en résistance active. Le gouvernement devra assumer seul les conséquences humaines de sa politique irresponsable ».

De fait, les timides soubresauts des dirigeants européens, début septembre, ne suffisent pas à cacher la réalité de politiques migratoires encore basées sur des logiques sécuritaires et xénophobes.

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Tag(s) : #Immigration, #Société et solidarité, #Exilés
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